Alain Buffard, danseur et chorégraphe français est né en 1960 dans le Jura à Morez, actuellement il vit et travaille à Paris. Il commence la danse en 1978 et collabore avec de grands noms de la danse. En 1988, il propose sa première pièce Bleu nuit, puis plus tard Good Boy (1998), INtime/EXtimeMORE et encore (1999). En 2001 il crée Dispositif 3.1. et
Dispositif 3.1 cherche à troubler ou rendre trouble les cadre qui conditionnent et rendent possible notre apprentissage. Dès la première séquence, quatre figures uniformisées par leurs costumes et leurs perruques blondes apparaissent. Ce qui les singularise ce sont les espaces de leurs corps. Leurs parcours traversent les apprentissages fondamentaux du mouvement, du langage, de la nourriture que chaque figure joue, interprète, détourne.
Alain Buffard, rejoignant Alexandre Périgot, voit également dans le blond une forme de normalisation, derrière laquelle se profile d’une certaine façon l’ombre du blond aryen « Dans cette pièce, le blond est la couleur qui ajoute à ma dénonciation des systèmes éducatifs normalisant, voire fascisants. On assiste au dressage d’Heidi, la parfaite petite fille allemande. » A rapprocher peut-être de ces chroniqueurs politiques qui évoquent la séduction des « boucles bondes » de Marine Le Pen.
A la fois metteur en scène, chanteuse, écrivain, Marielle Pinsard est métisse, suisso-guadeloupéenne, elle est née à Paris en 1968 et a vécu à New York, à Bruxelles, «et dans la rue, avec des troupes de saltimbanques», précise-t-elle. Elle traite des blondes comme d’une ethnie, un groupe à forte identité, victimes parfois consentantes des stéréotypes.
En septembre 2001 elle lançait à Genève les performances très remarquées de Blonde Unfuckingbelievable Blond (« Putain d’incroyable de blonde »). Sur son site on peut lire que Marielle Pinsard questionne différemment le sujet. Elle mêle à la fois la dissection entomologiste et la protection de l’espèce en voie de disparition – les trois quarts de la population du globe naît avec des cheveux noirs. A New York et à Genève, où elle vit, elle a mené des centaines d’interviews avec des femmes blondes de tous âges. « Aucune blonde ne veut reconnaître que c’est plus facile pour elle avec les hommes, que parfois leurs poses nunuches sont sidérantes, on ne sait jamais si elles le font exprès ou pas. Pour aller plus loin dans cette recherche, j’ai passé des annonces dans les journaux genevois à la recherche de blondes pour monter un spectacle. J’ai reçu quarante réponses. Incapable de choisir, j’ai réalisé mon projet avec toutes. On a travaillé seulement quatre fois quatre heures dans le but de rester dans le brut de l’urgence. Quand, à New York, je suis allée voir La Vengeance d’une blonde, il y avait à mes côtés des blondes qui riaient exactement comme l’héroïne ! », «Je suis partie d’un stéréotype, dit-elle : une blonde qui ne finit pas une phrase, c’est mystérieux ; quand c’est une brune, elle à l’air d’une gourde.»
Marielle Pinsard note aussi que certains hommes ont été déçus lors de la représentation car il n’y avait pas de sexe. Par ailleurs elle s’est rendue compte que toutes ces blondes se comportaient comme si elles se connaissaient, comme c’était une ethnie.
Avec ces comédiennes-danseuses-chanteuses, elle monte un spectacle
qui met en scène le mythe de la blonde. On y voit la blonde ravageuse des
discos, la potiche de la télé, une pulpeuse à la longue chevelure se retourne
après s’être longuement promenée et le public pousse un oh de déception. Elle a
près de 60 ans. «Les bondes sont les femmes qui se font le plus dragues de dos
», sourit Marielle.
B comme blondasses, Barbie, bimbos, les clichés
sont plus vivants que jamais.
Paula Tuovinen, chorégraphe finlandaise et vraie blonde elle aussi, a visiblement été la première à ouvrir les hostilités sur le sujet des blondes. Les blagues étant constamment faites sur les blondes, elle a créé en 1997 un solo intitulé « Blonde » dans lequel elle se mettait nue.
Devenue grande connaisseuse sur le sujet elle raconte : « L’idée que les blondes ont quelque chose de spécial s’est affirmée tout au long du XIX e siècle avec l’héroïne romantique », « Déjà dans la poésie anglaise, on trouve des jeux de mots entre "die" (mourir) et "dye" (teindre), la beauté évanescente, mais aussi artificielle. Le concept évolue sous l’influence du cinéma américain. La blonde reste la gentille, mais gagne un fort potentiel sexuel. ».
Dans son intervention dans le documentaire « Blond, plus qu’une couleur. » diffusé sur Arte, elle explique que les blondes ont des mimiques qui leurs sont propres, qu’elles assimilent peut-être par mimétisme avec leurs congénères, ce sont ces mimiques que Paula Tuovinen s’amuse aussi à reproduire.
« Blondasses » est une œuvre qui a été réalisée par l’artiste Alexandre Perigot au cours de l’été 2001 et montrée au public du 30.07 au 18.09.2001 dans un champ le long de la route de Sourlhanels à proximité de Castelnaudary. La vidéo réalisée lors de l’exposition fut ensuite montrée au Musée d’Art Moderne et COntemporain de Genève puis au FRAC du Languedoc-Roussillon.
« Blondasses » consiste en trois gigantesque perruques habitables faites avec des meules de foin et appartenant à Claudia Schiffer, Pamela Anderson et Sharon Stone. Il s’agit d’un projet de groupe réalisé sur l’invitation des agriculteurs locaux membres de l’association Artémis/Champ d’Art, et qui ont proposé à Alexandre Périgot de s’essayer à « l’art agricole ».
D’après Alexandre Perigot : « Ces mises en épis de mises en plis de stars blondes nous ont fait réfléchir sur cette idée que ces femmes sont nos premiers organismes génétiquement modifiés. Ces chevelures, blondes comme les blés, mais en réalité trafiquées à mort, renvoient également aux corps siliconés, modifiés à coups de bistouri. »
Mais plus précisément, Jean-Yves Jouannais explique dans son texte accompagnant les peeruques que cette œuvre n’est pas faite pour illustrer le débat sur la génétique mais pour montrer que la modernité, la contemporanéité ne se trouve pas forcément dans des lieux attendus, qu’elle peut se trouver dans des lieux comme les champs. En effet, à cette période tous les débats autour de la génétique se déroulaient sur le terrain de l’agriculture qui est un domaine en perte de vitesse et victime d’un désintérêt grandissant. Avec le débat sur les OGMs, l’agriculture et les champs deviennent le terrain d’enjeux contemporains. Jean-Yves Jouannais écrit: «L’avenir des campagnes qui ne disposent plus de folklore risque de s’avérer beaucoup plus passionnant dans le futur que la conquête de l’espace ». Les lieux où s’exprime la modernité restent toujours hypothétiques.
Selon Jean-Yves Jouannais ces effigies formatées à l’américaine et coiffées de meules de foin nous rappellent que les stars répondent aux mêmes critères de sélection et d’améliorations productives que les produits de la grande distribution. Il existerait un rapport d’équivalence entre les icônes médiatiques et les OGMs : ils seraient profilés, sélectionnés et améliorés pour gagner en aura, en vitesse de production et de diffusion. Ce sont des produits customisés pour la grande distribution dont la part du naturel est presque réduite à néant
Carol E. Cox, canadienne et vraie blonde, se bat pour défendre la dignité du groupe auquel elle appartient. Pour elle les blagues sur les blondes s’apparentent à de la discrimination. Il est fort possible qu’elle soit d’accord avec cette phrase d’un sociologue : «Le politiquement correct ayant banni les blagues racistes, les blondes sont devenues les nouvelles têtes de Turc ».
La première phrase de la page d’accueil de son site est “The purpose of Blond From Birth is to spread awareness of blond haired people and increase their rights in todays society. We have goals of promoting awareness and of ending the racist stereotypes of blondes that the Media propagates with the assistance of hair dye companies.”
Carol E. Cox invite les vrais blonds à livrer bataille contre la discrimination qu’ils subissent, elle souligne d’ailleurs que si de telles blagues étaient faites au sujet des noirs, des juifs ou des asiatiques elles seraient considérées comme pouvant réellement leur porter préjudice.
L’auteur souligne que la discrimination contre les blondes serait même à l’origine d’une baisse de leur qualité de vie, de leurs salaires et de reconnaissance de leurs efforts, de promotions moins fréquentes et de la naissance de stéréotypes sexuels non voulus par les blondes. Ces assertions demandent à être vérifiées, mais si elles s’avéraient toutes vraies cela dénoterait un réel problème.
Le site de Carol E. Cox comprend entre autres une page où sont relevées un certain nombre d’anecdotes sur des actrices s’étant décolorées les cheveux ou les ayant colorés en brun pour obtenir des rôles de bimbos écervelées ou au contraire des rôles sérieux, ainsi que des commentaires jugés désobligeants et fais par des actrices brunes ayant du passer du brun au blond. On peut ainsi y lire que : “Winona Ryder is really a blond. At 11, she was told to dye her hair black because she was intellectual. In Edward Scissorhands, she wore a yellow wig over her black dyed blond hair.(sheesh! after playing that part for several years she is now playing the wacky shoplifting dyejob. Shows what happens when you live a lie. It twists you.)”.
Visiblement ce site répond à un besoin de la part des blondes car certaines n’hésitent pas à y laisser de longs témoignages sur ce qu’elles subissent ou tout simplement de reconnaissance.
Pamela, Marilyn, Emmanuelle, Scarlett ou encore la voisine du dessus...des blondes, des blondes et encore des blondes ! Pas toujours vraies en plus...
Non ceci n’est pas une invasion, juste un phénomène de plus en plus important. Les blondes sont elles plus intelligentes et attirantes ou plus écervelées et vulgaires que les brunes ? Qu'est ce qui poussent certaines femmes à devenir blonde? Quelle place est faite à ces femmes dans les différents secteurs/domaines de nos sociétés?
Ce blog a pour but d’étudier la culture blonde pour percer ce mystère.
Chaque décennie a son lot de blondes mythiques : Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Farah Fawcette, Bo Derek, Kim Bassinger et bientôt peut-être Scarlett Johansson.
Il parait que la blonde fait vendre, est ce pour cela qu’elles occupent la majorité des couvertures et une grande partie des rôles au cinéma ?
de plus en plus surprenant ton blog ! finalement j'adhère ! read more
on La danse et les blondes - Alain Buffard